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K13 : Chronique d’un squat pas comme les autres

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Façade du squat K13, 148 rue de Tolbiac, Paris 13e
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Le K13, niché au 148, rue de Tolbiac dans le 13ᵉ arrondissement de Paris, n’était pas qu’un simple squat. C’était un laboratoire social, une galerie d’art sauvage, une zone d’autonomie temporaire qui a laissé une marque indélébile sur la scène alternative parisienne.

Un Phare de la Culture Urbaine

Fresques de graffiti sur les murs intérieurs du squat K13

Dès son ouverture en octobre 2016 sous l’impulsion de l’association Action Concrète, le K13 a accueilli une effervescence artistique rare. Imagine un immeuble entier transformé en cathédrale du street art : des fresques du sol au plafond, des sessions de graffiti, un atelier de tatouage et même un studio d’enregistrement semi-professionnel. L’endroit vibrait d’une énergie brute, celle des gamins du quartier, des artistes en rupture de ban et des poètes du bitume. Comme l’écrivait Le Monde :

« Depuis le mois de janvier, les cinq appartements sont occupés : trois ateliers de graff, un de tatouage, un studio d’enregistrement semi-professionnel, le reste sert de lieu de vie. » (Le Monde)

Un Engagement Social Profond

Atelier de graffiti et scène culturelle au squat K13, Paris

Mais le K13 ne se résumait pas à un terrain de jeu pour artistes. C’était aussi un refuge pour les oubliés du système. Des familles sans-abri, des réfugiés politiques, des jeunes largués par la société trouvaient ici un toit et un cadre. Wilfried Devaux, alias « Sure », fondateur de l’association Village 13, expliquait :

Jeunes participants aux activités artistiques du K13, rue de Tolbiac

« Je récupère les jeunes dans la rue et je leur propose de faire du graff ou de la musique, dans le studio d’enregistrement qu’on a constitué au premier étage. » (Le Monde)

Là où d’autres voyaient un immeuble vide, le K13 voyait un espace de vie et de création.

Une Fin Prématurée

Rassemblement devant le K13 lors de la procédure d'expulsion en 2017

Hélas, comme souvent avec les utopies concrètes, la réalité légale a fini par rattraper le rêve. En juillet 2017, suite à une plainte d’Enedis, gestionnaire du bâtiment, le tribunal d’instance du 13ᵉ arrondissement a ordonné l’expulsion. Malgré une mobilisation des artistes et des habitants, les bulldozers du conformisme ont eu le dernier mot : le K13 a fermé ses portes en août 2017. (France 3 Régions)

À Mort le Street Art, Vive le Graff !

Œuvres de street art et graffiti dans les couloirs du squat K13

Le K13 a prouvé qu’un squat pouvait être bien plus qu’un simple lieu d’occupation. C’était un lieu de transmission, un bastion de la libre expression, un pied de nez au marché de l’art et aux logiques spéculatives.

Détail d'une fresque du K13, art urbain Paris 13e

Et comme le disait un graffeur du K13 :

« Je suis pas un street artist, je suis un graffeur. Eux font ça pour le fric. » (Gonzai)

Moralité ? L’art véritable ne se monnaie pas, il se vit.

Vue d'ensemble des fresques murales du squat K13 avant expulsion

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