Les Murs Ont des Oreilles, Mais Qui les Écoute?

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Dans chaque ville, chaque quartier, chaque ruelle, les murs parlent. Certains murmurent des secrets d’amoureux transis, d’autres gueulent des revendications en lettres capitales, et d’autres encore sont juste là, fatigués, supportant tant bien que mal des couches de peinture et d’affiches électorales arrachées à moitié. Mais qui les écoute vraiment ?

Les murs des prisons, eux, résonnent autrement. À Loudaya, ils n’étaient pas seulement une frontière physique, mais une membrane vivante. 30 détenus dans une cellule prévue pour 12, sans matelas, sans meubles, mais avec un casting varié de cafards et de chats squatters qui, eux, ne payaient pas de loyer. L’ambiance ? Un mélange entre une colocation extrême et une expérience sociologique grandeur nature. Ici, ce n’est pas la loi du plus fort, mais celle du plus malin, du plus patient… ou du plus rapide à choper le dernier coin libre au sol.

Mais revenons aux autres murs, ceux des squats et des espaces autonomes. Eux aussi ont des choses à dire. Ils portent les traces de ceux qui les ont peints, rafistolés, habités. Chaque fissure a une anecdote, chaque tag a une histoire. Pourtant, pour certains, ces murs sont juste des “nuisances visuelles” à recouvrir de gris uniforme. Comme si on pouvait effacer la vie à coups de rouleaux de peinture fournis par la mairie.

Avec le temps, j’ai compris que la vraie bataille n’était pas seulement d’occuper l’espace, mais de le redéfinir. Transformer les murs en passages, en messages, en outils. Parce qu’au fond, la seule vraie liberté, c’est de ne jamais être assigné à résidence, ni physiquement, ni mentalement.

Alors la question reste entière : quels murs écoute-t-on vraiment, et lesquels préfère-t-on repeindre en urgence avant une visite officielle ?

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