À propos

Je suis Antonio Xavier, mais on m’appelle aussi « Le Général » ou simplement « X ». Mon histoire, c’est celle d’un combat pour l’autonomie, la liberté d’expression et la survie en dehors des cadres imposés. Depuis mon premier squat ouvert en 2008, j’ai vu des milliers de visages, des destins brisés, des vies à reconstruire. J’ai occupé plus de 1 700 lieux, offert un toit à plus de 650 000 personnes. Chaque ouverture était une victoire sur l’absurde, sur l’abandon, sur un monde qui préfère laisser des bâtiments vides plutôt que d’y voir des gens vivre.

Je suis allé au bout de ma logique. Pour comprendre un pays, il faut en vivre toutes les réalités, même celles qu’on ne veut pas voir. Alors, au Maroc, je suis allé là où peu vont volontairement : en prison. Trois ans à Loudaya, avec 20 000 détenus, sans matelas, sans mobilier, dans le vacarme permanent des cris et des chaînes. J’y ai appris le darija, j’ai écouté des hommes raconter leur histoire, j’ai vu comment la société trie, enferme, oublie. Mais j’ai aussi vu l’entraide, la débrouille, les liens invisibles qui se tissent dans l’adversité. J’ai monté un club de lecture, un club d’échecs, j’ai observé, compris les rêves et les désillusions des Marocains sur leur propre pays et sur l’Europe.

Aujourd’hui, je vis à Marrakech, pas dans les quartiers pour touristes, mais au cœur de la médina, chez l’habitant, là où la vie est brute, où tout se négocie, où chaque jour est une bataille. Je m’occupe des oubliés, des sans-papiers, des errants, de ceux qui ne rentrent dans aucune case. Pas par charité, pas pour « aider » comme on l’entend dans les ONG, mais parce que je crois en la force des réseaux autonomes, en la puissance de l’action directe, en la nécessité de bouger quand tout pousse à l’inertie.

Je ne supporte pas l’institutionnalisation. Je l’ai vu avec le Street Art, vidé de sa révolte pour finir encadré dans des galeries aseptisées. Je l’ai vu dans l’action sociale, transformée en gestion administrative du malheur. Je refuse ce monde qui standardise tout, qui remplace l’humain par l’algorithme, qui veut faire de l’art un produit et de la révolte un folklore.

Depuis toujours, j’observe, j’anticipe, je trouve des brèches. Parce que c’est là, dans l’ombre des structures rigides, que tout devient possible. On m’a appris très jeune que dire la vérité ne suffit pas à être cru, que le système m’étiquetait comme un problème bien avant que je ne cherche à le défier. Alors, j’ai appris à jouer avec les règles, à les contourner, à créer mes propres espaces de liberté.

Je ne cherche pas la validation, je me fous des médailles et des titres. Je veux voir du mouvement, de la vie, des gens qui refusent l’évidence et qui osent encore rêver autrement. Je suis là pour ça. Pour foutre le bordel là où on voudrait du silence, pour ouvrir des portes là où d’autres ne voient que des murs.

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