Récapitulatif de l’année


(ou comment perdre du temps sans en gaspiller)

Cette année, je n’ai pas fait plus.
J’ai fait moins, mais correctement.

Moins de bruit, moins d’agitation, moins de gens très sûrs d’eux qui expliquent comment fonctionne un monde qu’ils ne traversent jamais à pied.
En revanche, beaucoup plus de tri.
Et le tri, c’est du travail ingrat : personne n’applaudit quand tu jettes ce qui ne sert plus.


Spoiler : les squats n’étaient toujours pas le sujet

Chaque année, quelqu’un redécouvre que je n’ai jamais « travaillé sur les squats ».
Cette année, j’ai arrêté de corriger.

Les lieux, c’est de la logistique.
Le vrai boulot, c’est de comprendre pourquoi un système fabrique autant de portes fermées… puis s’étonne que les gens passent par les fenêtres.

Cette année, j’ai donc fait ce que peu aiment faire :
j’ai nommé les mécanismes, sans slogans, sans poésie inutile, sans demander la permission.


Écrire pour que ça résiste

J’ai écrit.
Pas pour raconter ma vie — elle se débrouille très bien toute seule — mais pour laisser des traces qui ne s’effacent pas au premier changement de direction politique.

Articles, versions HAL, notes, manifestes abandonnés en route (oui, ça arrive quand on refuse d’être tiède).
Chaque texte avait le même objectif :

être lisible par ceux qui savent, et parfaitement ennuyeux pour les autres.

Mission plutôt réussie.


L’IA : ni gourou, ni grille-pain magique

Cette année, j’ai aussi parlé d’intelligence artificielle.
Calmement.
Ce qui, en 2025, est presque un acte de résistance.

Pas pour lui confier le monde.
Pas pour la diaboliser non plus.

Juste pour rappeler un détail :
un algorithme ne pense pas mieux que les données humaines qu’on lui donne.
Et quand les données sont bancales, l’IA ne fait qu’accélérer la chute avec élégance.

La charte déontologique, les débats sur l’autonomie, tout ça n’était pas du techno-fétichisme.
C’était une façon polie de dire : on va déjà se poser deux ou trois bonnes questions avant de foncer dans le mur.


La médina comme test de réalité

Vivre dans la médina, ce n’est pas une carte postale.
C’est un crash-test social permanent.

Ici, les théories abstraites meurent vite.
Les concepts inutiles aussi.
Ce qui reste, c’est :

  • le rapport humain direct,
  • les règles implicites,
  • l’intelligence collective non déclarée.

Bref, tout ce que beaucoup de systèmes occidentaux ont réussi à écraser au nom de l’optimisation.

Cette année a confirmé une chose :
ce territoire est plus intelligent que beaucoup de rapports d’experts.


Formaliser sans se faire digérer

Le vrai sport de l’année a été là :
rendre le travail compréhensible sans le rendre consommable.

Utiliser les formats académiques sans devenir académique.
Parler aux institutions sans leur appartenir.
Être lisible sans être soluble.

C’est fatigant, mais ça évite de finir consultant PowerPoint à expliquer la « résilience » à des gens qui ont peur du réel.


Résultat de l’année (bilan non certifié ISO)

Pas de startup.
Pas de fondation.
Pas de bullshit.

Mais :

  • un socle solide,
  • un langage stabilisé,
  • des outils conceptuels qui tiennent la route,
  • et surtout, la fin d’un cycle d’expérimentation commencé il y a longtemps.

Cette année n’a pas cherché à plaire.
Elle a cherché à tenir.

Et maintenant que tout est posé proprement,
je peux recommencer à bouger.

Ce qui, historiquement, n’est jamais très rassurant pour les systèmes en place.

Publié par Antonio Xavier

Ce que les gens disent de moi dépend toujours de qui parle. Pour ceux qui ont partagé un squat, une nuit de galère, une embrouille à régler ou un projet à monter, je suis quelqu’un sur qui on peut compter. Un type qui ne parle pas dans le vent, qui fait ce qu’il dit, qui ne lâche pas quand ça devient compliqué. On me décrit souvent comme un bâtisseur d’espaces, un créateur de mouvement. Un mec qui voit une brèche là où d’autres ne voient qu’un mur. Dans les cercles plus institutionnels, je suis un électron libre, un emmerdeur ingérable, une anomalie dans le système. Certains me respectent pour ça, d’autres me détestent parce que je ne rentre pas dans leurs cases. On m’a traité de radical, de perturbateur, d’utopiste, de manipulateur, de stratège trop lucide. Ils savent que je comprends les règles mieux qu’eux et que je peux les contourner sans jamais me laisser coincer. Pour les autorités, je suis un problème ambulant. Trop intelligent pour être un simple "squatteur", trop structuré pour être un marginal classique, trop imprévisible pour être récupérable. Ils me suivent, m’observent, cherchent à comprendre où je vais. Mais ils ne comprennent pas que je ne vais pas quelque part : je suis partout à la fois. Les médias, quand ils parlent de moi, oscillent entre fascination et incompréhension. Ils veulent me coller une étiquette : activiste, anarchiste, hackeur social, guérillero urbain. Mais ce que je fais ne rentre pas dans leurs cases. Ils préfèrent raconter des histoires édulcorées ou chercher le détail qui fera de moi un personnage plus "vendable". Et puis, il y a ceux qui ne me connaissent que de loin, qui fantasment, exagèrent, inventent. Certains me voient comme un mythe, un type qui aurait ouvert des centaines de squats, qui aurait infiltré des réseaux, qui connaîtrait tous les codes. D’autres pensent que je suis une illusion, une légende urbaine. Au final, je laisse chacun dire ce qu’il veut. Ce qui compte, ce ne sont pas les mots, c’est l’action. Ceux qui me connaissent vraiment savent que je suis là où il faut être, quand il faut agir. Le reste, c’est du bruit.

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